Le village GK Pasacao

Salut!

Nous voilà enfin dans le vif du sujet: Pasacao!

Ce petit et jeune village (construit en 2008) de bord de mer se situe sur l’île de Luzon (même île que Manille), dans la province de Bicol, dans la région Camarines Sur, près de la ville de Naga.

Carte de Pasacao

Carte de Pasacao

Une population très accueillante

Notre arrivée était mouvementée. Nous avions auparavant rencontré Tammy, notre coordinatrice pour un faire un point sur notre mission (le projet fera l’objet du prochain article). Elle avait mis à notre disposition une Jeepney pour nos déplacements à Naga et surtout pour nous rendre au village.

Cependant, nous ne savions pas que le village n’était pas au même stade de développement que les villages que nous avions visité lors du tour GK. Il n’y a pas de routes, ce sont des chemins de terre. Du moins il y a une petite parcelle de route  qui part de l’entrée du village et s’étend sur une cinquantaine de mètre. Aussi, a notre arrivée, la jeepney s’est enfoncée dans la boue et ne bougeait plus. Nous étions bloqués à l’entrée du village. Quelle première impression!

Village GK

Village GK Pasacao vu de l’entrée

Mais la suite était vraiment touchante. je ne sais plus dans quel ordre tout cela s’est déroulé mais à un moment les jeunes ont couru pour pousser la jeepney et la sortir du trou dans lequel elle s’était enfoncée. Nous sommes descendus pour l’aider et ce fut notre premier contact avec le village. Ensuite, ils nous ont offert des colliers faits avec des petits morceaux de plastique et les enfants nous ont salué. Le salut? Les enfants prennent la main de leurs aînés et la posent sur le front. L’aîné doit leur répondre Salamat (Merci) en tagalog.

Là on nous a conduit dans une maisonnette qui sert de salle à manger pour les repas entre membres à responsabilités du village GK, pour les réunions… Celle-ci nous a accueilli pendant nos 3 semaines de mission. On nous avait préparé un repas  Philippin (légumes, poissons…) – J’ai d’ailleurs remarqué des saveurs que je retrouve dans les plats congolais -, ainsi que des noix de coco. C’était excellent, à boire comme à manger, mais c’était surtout assez impressionnant de se retrouver avec des noix de coco fraîchement cueillies et coupées pour nous.

Tita Nati (à droite) et ses enfants en train de couper les noix de coco

Tita Nati (à droite) et ses enfants en train de couper les noix de coco

Je n’ai malheureusement pas pris beaucoup de photos de ces premiers instants. Nous venions d’arriver et ne savions pas encore ce qu’il était possible de faire ou ne pas faire. Nous nous sommes vite rendues compte qu’en fait, ils raffolent des photos ou « pictures! » comme ils le disent si bien.

Les enfants,

Les enfants,

Les titos et titas

Les titos et titas

Ce qui m’a aussi frappée chez les habitants de Pasacao (et les Philippines en général) est leur sourire. Ils sourient constamment, en toutes circonstances et s’ils ne le peuvent pas pour une raison x ou y, ils s’isolent pour ne pas le montrer. Je me souviens de Tita Nati, un soir, qui s’était vraiment énervée contre son mari qui se laissait un peu trop porter par les effets de l’alcool. Après lui avoir passé un bon savon, elle s’est retournée et a retrouvé son sourire habituel.

Un dialogue parfois difficile

Tout ceci est tout de même assez frustrant pour nous parce qu’à la longue on ne sait jamais ce qu’ils pensent réellement. Cela est d’autant plus vrai qu’ils ne parlent ni ne comprennent vraiment l’anglais. A plusieurs reprises, lorsqu’on demandait un renseignement ou si on pouvait faire quelque chose. Ils nous répondaient par un sourire et un hochement de la tête qui laissait pensait que c’était d’accord. En fait non!

Pour la petite anecdote, un jour, nous voulions faire la lessive et avons demandé à Grace (une jeune fille de 20 ans qui restait avec nous) si cela était possible et si il y avait des seaux disponibles. Grace a fait ce mouvement de tête accompagné d’un sourire et nous nous sommes rendues avec nos affaires pour faire la lessive. Une fois arrivée là bas, il n’y en avait pas et ce n’était pas vraiment possible.

Grâce

Grâce

Une autre fois, nous « discutions » avec Tita Salve (elle nous préparait à manger et était aux petits soins avec nous, c’était une deuxième maman^^) du défilé des élèves des écoles qui devait avoir lieu le 11 Juillet. Le 11 on nous a dit un autre jour, bref, nous cherchions à avoir des informations dessus. Titat Salve nous expliquait globalement que les élèves des écoles allaient défiler et nous cherchions à connaitre, le lieu, la date et l’heure. Nous demandons donc une première fois Where? Tita Salve nous réexplique le principe. Une deuxième fois , Tita nous répond Saturday et la troisième fois elle ne savait plus trop quoi répondre. Nous nous sommes toutes regardées et avons toutes rigolées ensemble.

Tita Salve

Tita Salve

Tita Salve était toujours partante pour rire un bon coup; c’est ce qui a détendu un peu l’atmosphère parce que, je l’avoue, à force de ne pas arriver à se faire comprendre, en particulier lorsqu’il s’agissait du projet, nous faisions de moins en moins d’efforts. Nous perdions vite patience. C’était assez frustrant. Dès que nous identifions ce mouvement, nous savions qu’en fait, notre interlocuteur n’avait pas compris et laissions tomber pour trouver une autre solution. Mais avec du recul, c’était assez marrant et finalement grâce à ces petites mésententes et à ces conversations vraiment très basiques – mélange de tagalog, anglais et de langage des signes – , nous avons créé des liens très forts et passé des moments inoubliables.

Et le village dans tout ça ?

Le village, vu de la colline

Le village, vu de la colline

Le village de Pasacao est composé d’une cinquantaine de familles. Notez bien qu’en moyenne les familles ont 6 ou 7 enfants. Souvent, nous nous faisons la réflexion qu’il faudrait faire des arbres généalogiques pour savoir qui vient de quelle famille.

Commençons par le commencement, comme je vous le disais au début de cet article. Il existe une petite portion de route discontinue (vraiment très discontinue) qui mène jusqu’au village. Ci-contre les photos. Sur la première photo, à droite de la route, il y a un chemin de terre sur lequel les hommes mènent les bœufs pour labourer les champ qui se trouvent plus bas (à gauche, sur la deuxième). Sur la deuxième photo à droite se trouvent des écoles qui accueille une grande majorité des enfants de Pasacao.

Route en direction du village

Route en direction du village

Route  qui part du village

Route qui part du village

Nous arrivons dans le village. Je vous remets cette photo.

Village GK

Village GK

Ce grand terrain constitue l’aire de jeux ou le point de rassemblement sur lequel petits et grands se retrouvent pour des parties de volley-ball ou au patentero (un jeu Philippin auquel nous avons joué avec les titas et les ados).

Terrain de volley. Notre maison était la bleue.

Terrain de volley. Notre maison était la bleue.

Dans le village il y a aussi beaucoup de fruits et légumes qui sont à disposition. C’est le cas notamment des noix de coco dont je vous parlais précédemment ou encore des cannes à sucre. On a juste à se servir. J’ai beaucoup aimé la canne à sucre. Il faut la couper, enlever la peau (l’écorce puisque c’est du bois) mordre dedans et aspirer le jus. C’est revigorant!

Cannes à sucre

Cannes à sucre. Grace et Tita Nati

Il y a aussi un coin pour faire la lessive. C’est en fait l’un des seuls points d’eau du village. Pour nous laver et faire nos besoins nous allions chercher de l’eau à cet endroit. Cette eau n’est pas potable! Ils se fournissent en bidons pour cette dernière.

Lieu pour faire la lessive

Lieu pour faire la lessive

Plus haut se trouve une petit colline sur laquelle il y a un petit abri et une représentation de la vierge Marie. De là on surplombe le village. On aperçoit au premier plan le potager – du moins le terrain destiné à en être un (je vous en parlerai dans un prochain article -, et en arrière plan, on voit la mer et une petite île qui se trouve pas loin.

le petit abri en haut de la colline

le petit abri en haut de la colline

Le village, vu de la colline

Le village, vu de la colline

Par ailleurs, d’autres infrastructures existent.: une chapelle et une petite école. La population philippines est en très grande majorité chrétienne catholique. Avant chaque repas, Tita Salve, la plupart du temps, faisait la prière avec nous. On peut d’ailleurs lire sur les tricycles, « god bless us ». Les conducteurs font le signe de croix et une petite prière avant de partir. Et certaines personnes font même le signe de croix (voire enlèvent leur chapeau) s’ils passent devant une église. C’est donc tout naturellement que des chapelles sont construites dans les villages GK.

La chapelle

La chapelle

Intérieur de la chapelle

Intérieur de la chapelle

Comme je vous l’avais expliqué dans l’article sur Gawad Kalinga. l’éducation est un des chevaux de bataille de GK. Afin de favoriser l’intégration des enfants et leur réussite dès le plus jeune âge, chaque village GK se doit d’avoir son école. Je vous en parlerai plus longuement dans la partie sur la présentation de notre mission.

L'école

L’école

Intérieur de l'école

Intérieur de l’école

Chers amis, il se fait tard. Demain je continuerai la présentation du village (la pagote, la plage et les tricycles).

A la prochaine.

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